Histoire du lieu

Le public découvre la brève histoire de la Gaîté Lyrique, accrochée dans son vestibule

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Ancien théâtre lyrique, temple de l'opérette, cirque, parc d'attractions, lieu dédié aux cultures numériques : tantôt avant-gardiste, tantôt laboratoire de nouvelles formes de création, la Gaîté Lyrique a toujours vécu au rythme de son époque, et toujours au service des cultures populaires. Retour sur son histoire tumultueuse !

2026

Après plusieurs mois de fermeture et une reprise progressive de la programmation en 2025, le 13 janvier 2026, la Gaîté Lyrique redevient un lieu de vie ouvert au quotidien, du mardi au dimanche ! Avec plus de 100 concerts par an, une large programmation gratuite de débats et discussions pour appréhender les grandes questions de l'époque, des résidences artistiques et solidaires, l'accueil d'une centaine d'artistes, médias et entreprises à impact en résidence, et l'arrivée du Studio 13/16 du Centre Pompidou, la Gaîté Lyrique est un lieu où l'époque se vit autant qu'elle se construit.

2025

De décembre 2024 à mars 2025, plus de 450 jeunes sans solution de logement ont occupé la Gaîté Lyrique, entraînant la fermeture du lieu pendant plusieurs mois et l'annulation de l'ensemble de sa programmation. 

La Gaîté Lyrique affirme qu'il est impensable, au risque de les mettre en danger, de rejeter ces personnes à la rue en plein hiver et appelle les autorités compétentes à trouver une solution de mise à l’abri. Les salariés assurent, sur la base du volontariat, des gardes sur site 24h/24h. Différentes ONG, parmi lesquelles Médecins du Monde et le Samu Social, participent aux soins et à l’accès aux droits des personnes occupant les espaces. Un élan de solidarité émane des habitant·es et de plusieurs associations qui s'organisent pour proposer des distributions alimentaires, de l'aide aux devoirs aux centaines de jeunes. 

Le 18 mars 2025, les 450 jeunes sont expulsés sans solution de relogement et sont toujours, pour la plupart, dans les rues de Paris.  En mai, la Fabrique de l’époque reprend possession du lieu. Aucun travaux n’est nécessaire. La Gaîté Lyrique reprend progressivement ses activités tout en sollicitant des soutiens financiers publics et privés pour participer à sa reconstruction économique. 

En juin, les équipes, les résident·es et les programmes d'incubation retrouvent le bâtiment, permettant à la Gaîté de redevenir ce lieu d'amplification où collaborent des structures culturelles, de l'ESS et des médias indépendants.

À partir de septembre, la reprise des concerts et festivals les week-ends et des événements privés la semaine a permis à la Gaîté de redevenir un lieu de fête et d'engagement et de retrouver un public revenu en force.

La Gaîté ressort de cette épreuve individuelle et collective, encore plus ardente dans ses valeurs : la culture ne guérit pas tout, mais elle peut prendre soin. En décembre, elle annonce la réouverture du lieu au quotidien à partir du 13 janvier 2026 pour continuer à affirmer le lien indissociable entre la culture et la solidarité. 

2023

En 2023, la Gaîté Lyrique lance son nouveau projet, la Fabrique de l'époque, porté par Arty Farty, ARTE France, makesense, SINGA et Actes Sud. Un nouveau chapitre qui s'écrit entre des murs chargés d'histoire, au service des cultures populaires. La Fabrique de l'époque c'est : 

Vivre l'époque - lieu du quotidien : du mardi au dimanche, le lieu est ouvert en accès libre. Entre expositions, accrochages, café, canapés, le lieu est conçu pour être vécu. 

Créer l'époque - un lieu de fête et d'engagement : avant tout un lieu dédié aux musiques actuelles, la Fabrique de l'époque c'est 120 concerts par an et 80% de programmation gratuite de débats, discussions, conférences, projections, ...

Partager l'époque - un lieu d'amplification : niché aux 6ème et 7ème étages, c'est tout un écosystème qui fabrique l'époque. Médias, activistes, artistes, entrepreneur·euses à impact, toustes s'engagent pour créer un espace plus sûr et juste. 

2011

La Gaîté Lyrique réouvre ses portes en mars 2011 avec son projet Révolutions numériques : une nouvelle ère s’ouvre sous le signe de la pluridisciplinarité et de l’émergence artistique. De nouvelles pratiques populaires s’inventent autour de concerts, de projections, de débats, d’expositions et d’expérimentations en tout genre. 

2002

Puis, la Gaîté Lyrique se met en sommeil en 1989 jusqu'à ce qu'en 2002, la Mairie de Paris décide de transformer la Gaîté Lyrique en un centre dédié aux arts numériques et aux musiques actuelles. L'année suivante, les plans sont confiés à l'architecte Manuelle Gautrand, qui redonnera vie à la façade, au vestibule et au Foyer historique, vestiges de l’histoire du lieu, tout en projetant ce dernier dans l’avenir avec de nouveaux équipements comme la Grande salle, joyau technologique au service de concerts et de projections à 360°.

1989

Au début des années 1980, le dôme magistral de la salle menaçant de s'effondrer, on se résout à bétonner une partie de la grande salle. Bien qu'inscrite à l'inventaire des monuments historiques, la grande salle à l'italienne sera bientôt détruite dans le cadre du nouveau projet de la Gaîté Lyrique : le parc d'attractions Planète Magique imaginé par le créateur de dessins animés Jean Chalopin (Inspecteur Gadget, Les mystérieuses cités d'or, ...). Les difficultés techniques auront raison de ce drôle de projet qui n'ouvrira ses portes que quelques semaines en 1989...
Archive INA - La planète magique (lien externe)

1977

Changement d’époque et changement de cap. Le cirque Grüss et son chapiteau s’installent dans le square Émile-Chautemps, face au théâtre, tandis que l'école du cirque, dirigée par Silvia Monfort, investit les lieux. Le soir, des éléphants dorment à la Gaîté Lyrique.

1967

Au cours des 100 années précédentes, les directeurs et les appellations du lieu se succèdent : Théâtre de la Gaîté, Théâtre Lyrique, Opéra Populaire, Opéra municipal de la Gaîté...). Puis en 1967, le lieu change à nouveau de nom et devient le Théâtre de la Musique, pour accueillir l'Orchestre de Paris, tout juste créé. Dans les années 1970, le lieu accueille de grands succès du théâtre tels que La Dispute de Marivaux, mise en scène par Patrice Chéreau, ou Le Regard du Sourd par Bob Wilson. Mais surtout, les programmations, bien qu'exigeantes, sont toujours restées populaires.

1873

Jacques Offenbach, compositeur et chef d'orchestre survolté, prend la direction du théâtre. En deux ans, il trace une voie dédiée au théâtre lyrique, aux opérettes, aux ballets russes. Une ligne artistique qui se confirmera jusqu’aux années 1960.

1862

En 1861, à l'occasion des travaux réalisés par le baron Haussmann sous le Second Empire, un théâtre parisien situé boulevard du Temple est démoli puis reconstruit à l'identique au 3 bis rue Papin : il s'agit du Théâtre de la Gaîté Lyrique. Lors de ces travaux haussmanniens, plusieurs théâtres ont été détruits et reproduits en direction des nouveaux boulevards pour permettre l'aménagement de la place du Château d'Eau, future place de la République. Bientôt, avec une nouvelle salle de 1 800 places richement décorée, son vestibule majestueux et son grand foyer public, la Gaîté Lyrique devient l'un des joyaux de la scène culturelle parisienne.