À l'occasion de la parution du Dossier SCUM Manifesto, et d'une biographie, L'Affaire Solanas, la première en France, Chloé Delaume et Anne-Sophie Mercier reviennent sur le texte, l'autrice, sa légende et sa postérité.
Né sous forme de tract diffusé dans les rues de Greenwich Village, c’est un réquisitoire contre toutes les formes de patriarcat. Considéré comme le brûlot féministe le plus violent du XXe siècle, il a depuis valu maltraitance et incompréhension à son autrice. Mais SCUM Manifesto demeure un texte vivant. Il n’appartient pas seulement à l’histoire du féminisme radical ; il continue d’interroger les conditions de recevabilité d’une parole féminine lorsqu’elle refuse la mesure, le compromis ou l’apaisement. Plus d’un demi-siècle après sa publication, la question qu’il pose reste entière : pourquoi certaines violences discursives continuent-elles d’être reçues comme des formes légitimes de pensée, tandis que d’autres sont immédiatement rejetées hors du champ du pensable ?
Valerie Solanas était activiste, performeuse, dramaturge et prostituée, Valerie Solanas fut une figure incontournable de la contre-culture américaine des années 1960, arrêtée et internée en 1968 après avoir tiré sur Andy Warhol, qui avait perdu l'un de ses manuscrits.
Rencontre avec Chloé Delaume (écrivaine, autrice de la préface du Dossier SCUM Manifesto, Le Nouvel Attila) et Anne-Sophie Mercier (journaliste, autrice de L'Affaire Solanas, Allary Editions). Lecture du texte par Lilith Grasmug.