Le 22 avril 2002, nous étions des millions dans les rues, à chanter collectivement cette phrase, en réponse à la présence de Jean-Marie Le Pen au second tour des élections présidentielles, que nous pensions être le résultat d'une anomalie du système électoral.
En 2025, cette anomalie est devenue l'horizon indépassable de notre futur politique. Et chose impensable il y a encore quelques années, elle s'est propagée à l'ensemble du champ culturel.
Les deux dernières décennies ont pourtant été marquées par l'émergence d'artistes, auteur·ices originaires de milieux populaires ou descendant·es d'immigré·es, qui auront résisté aux pressions sociales les invitant à abandonner avant de commencer.
Aujourd'hui, alors qu'elles et ils affrontent encore les diktats d'un milieu culturel qui les « autorise » tout en affadissant leurs mots, leurs œuvres et leurs récits, elles et ils sont désormais en première ligne d'une nouvelle bataille culturelle : résister à la propagande réactionnaire pour continuer à raconter leurs histoires et défendre leurs idées où elles et ils ne disposent déjà pas des moyens économiques et médiatiques pour vivre sereinement.
Cette année, le festival des littératures urbaines sera donc placé sous le signe des résistances littéraires et culturelles. Ces œuvres qui célèbrent et rendent hommage aux récits et aux vies de millions de personnes qui :
- Résistent à la fragilisation de leur vie par le système économique
- Résistent aux injustices sociales qui résultent de l'abandon par l'État
- Résistent au rouleau-compresseur culturel qui invisibilise leurs existences
Résister, se battre et persister.