La mémoire familiale est parfois une porte d’entrée dans une mémoire collective occultée. En 1937 en URSS une des vagues de répression de la Grande Terreur vise les paysans qui ont survécu à la collectivisation. Déportés au Goulag, ils y trouvent la mort dans des circonstances dont les familles ne savent rien. Réhabilités pour beaucoup d’entre eux après la mort de Staline, ils ne retrouvent pas pour autant leur place dans le récit national.
La narratrice franco-russe du dernier roman de Polina Panassenko arrive à Moscou pour étudier le théâtre. De son pays de naissance, elle sait déjà l’habitude de parler à voix basse, la méfiance envers certains voisins et la peur irrationnelle quand quelqu’un frappe à la porte. Sur le fond des élections frauduleuses de 2011, elle s’engage dans une quête dans les archives pour découvrir le sort exact qui a été réservé à son ancêtre, paysan dénoncé, arrêté et mort en route pour la Kolyma.