Anticipation Festival #3 - Journée Jeunesse Tous vivants !

Date

  • Vendredi 19 juin 2026

    événement passé

Journée dédiée à la pédagogie, à l’éducation et à la transmission

Découvrez la programmation !

Aux côtés des associations Hasniya, Banlieues Climat et Demain C’est Nous, des collégiens et lycéens d’Île-de-France auront un parcours de découverte au sein du festival : expositions, ateliers de sensibilisation et workshops créatifs menés avec les étudiants de GOBELINS Paris. À cette occasion également, l’œuvre La vue de ma mère, portée par Féris Barkat et Artemile, sera installée devant la Gaîté Lyrique.

Ateliers

    ➜ 15h-17h00 en Espace Atelier 
    Atelier L'illusion de mouvement par Les Gobelins

    Créer votre propre harmonie colorée pour appliquer ensuite ces couleurs à un modèle de phénakistiscope ou de thaumatrope, deux objets emblématiques des débuts de l’animation. Vous pourrez enfin personnaliser votre création en imaginant vos propres motifs et formes, et ainsi donner vie à une illusion de mouvement.

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      ➜ 14h00 & 16h00 au Forum 
      Atelier Jeunesse 


      Programmation à venir 

        Projections

          ➜ 14h00 & 18h00 
          Projections : CO-évolutions - Introduction et diffusion des films 


          Série de courts-métrages, créées et produits par les élèves de l'École des Gobelins. Partant d’une sélection de textes, ils nous proposent une interprétation sous la forme de films en motion design d’une durée comprise entre 1’30 et 3 minutes, mettant en scène des situations de coévolution. Ils donneront à voir différents mécanismes à la base de la biodiversité afin de sensibiliser le grand public à sapréservation.

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            ➜ 19h30 
            Projection et débat : Wild and Fly

            Wild & Fly est une aventure qui fait s'entremêler l'art de la pêche à la mouche avec le sujet délicat de l’introduction des poissons dans les lacs de montagne, qui perturbent les écosystèmes et pose des questions sur cette pratique pourtant si proche du monde vivant. Le documentaire suit deux pêcheurs passionnés lors d'une itinérance en montagne, vue à travers le regards d'une artiste locale, Lauriane Miara. Au fil de leur aventure, ils prennent conscience des pressions de l’Homme sur ces espaces naturels fragiles, jusqu’à questionner leur pratique. Grâce à des témoignages et des rencontres avec des scientifiques, des pêcheurs engagés et des acteurs du territoire, le film appelle à l'action pour une nouvelle éthique de la pêche en montagne.
            Avec Antoine Schmidt & Thibault Liebenguth

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              Salle immersive

                ➜ 11h00-19h00 

                Projection : HÁBITAT

                HÁBITAT est un projet d’art immersif qui aborde les problématiques du déboisement et de la dévastation environnementale dans la région du Grand Chaco Argentin. Il intègre la transculturalité et la biodiversité dans une narration visuelle et sonore en accord avec les principes de la justice climatique, en proposant des futurs possibles à travers des stratégies collaboratives et innovantes. Le projet offre une expérience immersive destinée à inspirer et mobiliser les spectateurs vers l’action et l’engagement en faveur de la préservation de l’environnement, grâce à une vision multidimensionnelle et multisensorielle, où se combinent éléments visuels, sonores, narratifs et interactifs.

                  ➜ 15h30-17h00 
                  Introduction et diffusion : À la recherche des espèces compagnes

                  Découvrez les deux dioramas (forêt méditerranéene et fond marin) produits et animés par les éléves de l'École des Gobelins, mettant en scène la vie dans chaque écosystème. À l’intérieur de chaque tableau, vous pourrez découvrir des espèces disparues en réalité augmentée grâce à des QR codes cachés dans les images. À travers d’une expérience ludique et immersive, le dispositif visera à susciter la curiosité et l’émerveillement afin de sensibiliser le public à un problème urgent qui nécessite l’implication de tous.

                  Programmation par l'association Hasnya

                  ➜ 19h15
                  Amakuno - Live Piano 
                  ➜ 19h50
                  Chorale de VoiceTogether
                  ➜ 20h35
                  Dj set de Johana

                    Installation en accès libre

                    La vue de ma mèrePar Hasnya

                    À l'occasion de la journée du 19 juin dédiée à la jeunesse, Hasnya invite Banlieues Climat pour présenter La vue de ma mère, une installation sonore et visuelle réunissant les témoignages de mères issues des quartiers de Strasbourg, Laval et Les Mureaux. Entre récits intimes et paroles politiques, l'œuvre donne à entendre les réalités quotidiennes de territoires particulièrement touchés par les inégalités environnementales, sanitaires et alimentaires. Figures centrales des mémoires locales, ces femmes racontent les effets concrets de la pollution, de l'alimentation industrielle, des injustices sociales et climatiques et du manque d'accès aux soins et à l'empathie.
                    À travers ses projets, Hasnya (association co-fondée par Féris Barkat, Lise Lanot, Soraya Kaboul, Oumayma Bouabid et Corentin Souci) œuvre à faire émerger les voix des quartiers. L'association vise à proposer des systèmes alternatifs aux institutions, tout comme Banlieues Climat, qui a ouvert une école dédiée aux enjeux de citoyenneté, d'écologie et de violences environnementales à Saint-Ouen en 2025.

                    Avec les Mamans Soraya, Samira, Samia, Maimouna, Djamila, Azra ; Banlieues Climat ; Artemile ; Tassiana Ait Tahar
                    Avec le soutien du MAIF Social Club

                    MP3 - 9 Mo

                    AZRA : Moi, je m'appelle Azra. Je suis arrivée en France l'année 98. Je fuis la guerre et j'arrive ici. Je suis installée ici, je suis mariée ici l'année 98 aussi. J'ai eu 5 enfants. Et bah, la vie, elle était pas aussi facile que ça, en fait. Bah, on s'est débrouillés pour former une vie un peu normale après tout ce qu'on avait vécu en guerre en Bosnie.Et en fait, après, bah j'ai vu mes 5 enfants, j'ai vu 4 garçons, une fille. Et le sujet que je voulais vraiment, en fait, vous parler ce soir, c'est le sujet de ma fille, en fait. Elle est tombée malade tout de suite après sa naissance. Elle a vu 3 mois et demi comme elle a commencé sa première chimio. Elle était tout petite, en fait, et c'est là que ma fille, elle a ma vie, elle a basculé, en fait. Pour soutenir ma fille tout petite comme ça, en fait, c'était pas facile. C'était vraiment un choc pour toute la famille, surtout pour moi après l'accouchement de découvrir que ma fille, elle est malade, en fait, gravement malade, un cancer, un neuroblastome.Et bah après, on a commencé toutes les traitements que ça existait. Ils ont fait les traitements pendant un an. Les traitements, elle a bien agi aux traitements et, en fait, ils ont elle était en réanimation jusqu'à ses 4 ans. Et à 4 ans, c'est la rechute, la première fois. Elle a fait ses examens entre les deux, en fait, tous les tous les 3 mois. C'était son premier rechute qu'elle a vu. Et après, elle a fait son traitement pendant un an. Bah, tous les c'était les traitements plus lourds que la première fois. Les chimiothérapies, radiothérapies, elle a tout fait. Et c'était un peu mieux, elle a bien agi.Quelques mois après, en fait, rechute encore. Et elle a fait comme ça jusqu'à 9 ans. En fait, elle s'est battue pendant 9 ans. On était toujours hospitalisés, on sortait un petit peu, on entrait à l'hôpital. On sortait, bah on s'est battus, en fait, surtout elle. Mais elle a pris ça, en fait, elle s'est jamais elle a jamais dit : « Pourquoi ça m'arrive à moi ? » ou C'est elle qui m'a encouragée à la place que c'est moi. Les médecins, ils ont été quand même ils ont vu comme quoi que tout va bien se passer, que voilà, ils ont des médicaments, qu'elle a agi bien au traitement. On a continué comme ça jusqu'à bah ses 5 ans. Quelques mois après, elle était en rémission et après ils ont, en faisant d'examen, ils ont bien vu que les cancers, il est revenu à 9 ans. Et c'est chaque année que c'était comme ça. On vivait pas, c'était pas une vie, en fait, c'était juste pour survivre. Et on s'est battus, on n'a jamais abandonné, en fait. On a toujours dit : « Peut-être ces traitements-là que elle va voir, que ça va marcher ». Et on est vraiment on s'est battus avec elle, et surtout elle, en fait. Elle a elle n'a jamais abandonné. Elle a dit : « C'est ma maladie, je l'accepte, elle est comme ça, c'est ma vie ». Bah voilà, elle est elle était vraiment c'est elle qui m'a encouragée chaque fois, en fait.J'ai pleuré tous les jours, j'étais pas bien, c'est normal de voir ma fille souffrir, c'était j'ai pensé que je vais jamais me sortir, en fait. J'étais il y en avait des jours où je pouvais pas manger ou j'étais vraiment pas bien, en fait. J'étais j'ai pleuré toute la journée et même à l'hôpital, ça m'arrivait des jours où je prenais ma tête, je frappais vraiment contre le mur parce que je savais plus quoi faire. Je voyais que noir, en fait. Je me suis dit : « Ça y est, c'est pour moi c'est fini, pour ma fille c'est fini ». Je pensais plus que je pouvais vivre sans elle, en fait. Ça m'a fait toujours peur. Elle me disait toujours : « Maman, il faut pas pleurer », mais moi, il n'y avait pas un seul jour que j'ai passé sans pleurer. C'était comme ça jusqu'à elle avait c'était l'année 2019, on a commencé c'était les quatrièmes rechutes, en fait, c'était le stade 4. Ils ont dit : « On a encore un traitement qu'on va vous proposer, et après ce traitement, si vraiment ça existe ça marche pas, en fait, il n'y a plus d'espoir, en fait. On on n'a plus rien à vous proposer ». Elle a fait les traitements, on a commencé, elle a bien agi. Bah, on était tous contentes, on se dit : « C'est beau, ça marche, elle va sortir ». Elle a fini son traitement, elle a fini radiothérapie, chimiothérapie, elle a tout fini. Il n'y en avait plus de traces de cancer, tout était bien. C'était au moment de Covid, enfin ils ont dit : « Bah, c'est beau, vous pouvez entrer chez vous, on va vous voir dans un mois ». Pour l'instant, on a fait l'examen, il n'y en avait plus rien, elle a bien agi, tout va bien.Mais une fois entrée chez nous, j'ai bien remarqué, en fait, qu'elle était pâle. Elle était pas vraiment, mais je me suis dit : « Peut-être qu'elle est fatiguée » et tout ça, mais un mois après, on retourne à l'hôpital pour faire l'examen et on est entrés à l'hôpital 15 jours après pour voir le médecin, pour qu'elle nous explique qu'est-ce que ça donne, en fait, le dernier examen. Dès que j'ai vu le médecin, c'est là je me suis rendu compte que son regard, j'ai pas aimé du tout puisqu'en fait, elle me regardait pas dans les yeux comme elle a entraîné nous chercher dans la salle d'attente. Et là, je me suis dit il y a un truc qui va pas parce que chaque fois, elle me regarde, elle me dit : « Bonjour Madame Sabic », elle rigolait. Mais là, il n'y en avait pas de son regard, il était elle regardait le bas. Comme on a entré, c'est là elle nous a annoncé, en fait, que malgré tout, la maladie, elle était plus forte et que même elle, elle comprenait pas pourquoi, en fait. L'examen, bah, le cancer, il a tout pris.Et bah celle-là, ça a commencé qu'elle m'avait dit il n'y a plus d'espoir et plus rien. Il n'y a plus rien à faire, qu'elle va mourir, quoi. Et j'acceptais pas. Pour moi, c'était trop trop dur et je me suis dit bah, il y a toujours un miracle, il y a un Dieu qui existe, il va nous aider, peut-être elle va s'en sortir ou voilà. Elle m'a dit : « Je peux pas vous enlever votre espoir, mais en fait, pour moi, il n'y a plus rien à faire ». Elle était claire, en fait. Le médecin, c'est son rôle de dire la vérité, en fait, de dire de pas cacher des choses et surtout de pas donner les faux espoirs. On est restés hospitalisés d'abord une semaine et après ils ont dit : « Si vous voulez qu'elle finisse ses jours à l'hôpital ou si vous voulez entrer chez vous, et qu'il y a une hospitalisation à la maison, vous pouvez ». Bah, j'ai choisi que ma fille, elle décède à la maison.Et on a entré et il y en avait des infirmières, des médecins qui sont venus tous les jours et qui sont on était vraiment pris en charge, rien à dire franchement, tout ce qui est personnel médical et tout ça. Chapeau et rien à dire, c'est ils ont été là pour nous et ils ont été tous les jours, même au médecin traitant à qui je pouvais jamais oublier, c'est Madame Courton, en fait. Elle m'a appelée tous les jours, elle est venue à la maison, elle m'a elle m'a soutenue, mais pas seulement moi, ma fille aussi, toute ma famille, en fait. Si elle était pas là, je ne sais pas comment je pouvais me sortir, en fait. Et elle s'est déplacée à la maison, c'était sa volonté qu'elle se déplace à la maison. Elle, c'était était vraiment, avant tout et avant d'être d'être un médecin, c'était une femme de cœur, en fait, parce qu'elle a fait vraiment des choses que je je pourrais jamais oublier.Elle a fêté son anniversaire le 15 mai, et 4 jours après, elle est décédée à la maison, dans mes bras. Elle m'a appelée juste avant de partir. Je l'ai regardée, je l'ai priée pour elle et bah, elle est partie en me regardant dans les yeux.Et après, je me suis dit j'étais j'étais pas bien, je pensais que je pouvais jamais me... J'en ai quand même, je pense, j'en avais une force qui m'a... Est-ce que c'est elle qui m'a donné la force ou qui m'a appris comment il faut gérer cette situation ? Ou peut-être c'est elle qui m'a préparée tout cette temps-là, je sais pas, mais j'en avais une force en moi, en fait. C'était je l'ai accompagnée jusqu'au bout. Et j'étais là et heureusement, j'étais entourée avec les personnes qui sont restées tout le temps avec moi. Il y en avait des gens, en fait, qui sont qui m'ont aidée à sortir. C'est pour ça, en fait, j'aimerais bien conseiller à toutes les femmes qui qui traversent une période difficile comme moi j'ai traversé - je souhaite à personne - mais si ça arrive à quelqu'un, il faut surtout pas abandonner, il faut il faut pas laisser les il faut il faut continuer, même si la vie, elle s'arrête pour nous, en fait. Il faut faire ça. C'est mes enfants aussi qui m'ont donné le courage de continuer, de de se battre dans la vie, de de être là pour eux.Et ma médecin, elle me disait toujours, Madame Courton, elle me disait : « Vous êtes les poteaux de la maison. Si vous tombez, tout tombe ». Et ça, en fait, cette phrase-là, en fait, je veux jamais je pense c'est cette phrase-là qui m'a aussi poussée un petit peu pour que je continue et que j'abandonne pas. Et en fait, j'ai ma fille, elle est toujours présente, même si elle n'est pas avec nous en ce moment. Je pense qu'elle est elle est quelque part, en fait. Je ressens qu'elle est toujours dans mon cœur et dans mes pensées et que jusqu'à mes derniers jours, en fait, je vais penser à elle et qu'elle va être toujours là

                    MP3 - 15 Mo

                    Alors, je m'appelle Djamila et je suis revenue en France après un mariage arrangé. Donc, j'avais 25 ans et deux enfants à charge. Alors, je suis revenue donc en France chez mes parents parce que j'avais pas le choix, mes parents m'ont acceptée et ça a été très, très difficile pour eux comme pour moi. Donc, avec mes deux enfants, je n'avais ni j'avais rien, enfin j'avais pas de ressources, j'avais pas de travail, j'avais j'étais un peu perdue. Donc, j'habitais avec mes frères et sœurs. On était 11 enfants, dont une de décédée que je n'ai pas connue.Et comment dire, on s'est retrouvés... Donc, j'avais mon frère qui était revenu à la maison aussi après un divorce. Mon autre frère qui était marié avec sa femme, une femme qui attendait un enfant aussi. Donc, on s'est retrouvés à, bah tous les presque tous à la maison en ayant deux appartements communs, enfin ensemble dans dans le même bâtiment.Et ça a été très difficile parce que, pourtant mes parents ne me le montraient pas. Ils étaient très, comment dire, ils étaient ils étaient sereins, ils étaient ils s'occupaient de nous, ils étaient, franchement, c'était il n'y avait rien à dire par rapport à ça. J'avais un super accueil, super soutien et tout. Mais le souci, c'est que un jour, je me suis réveillée et j'ai vu mon père pleurer. Ça, ça m'a complètement perturbée. Je me suis dit, et quand je l'ai vu pleurer, il a essuyé ses larmes, il voulait pas qu'on le voie. Et ça m'a ça m'a complètement perturbée. Ça a été un déclic pour moi aussi de de prendre, comment dire, de prendre de prendre mon élan et partir, parce que pour lui, c'était quand même une charge et il me le et pourtant, il ne nous le faisait pas sentir à nous tous, mais c'était une charge pour lui très, très, très très grosse charge. Et ma mère pareil, bon, qui la pauvre elle faisait tout, quoi, elle s'occupait de nous, elle sans rien dire, sans en arrangeant les angles des fois. Mais franchement, je je leur tire leur mon chapeau par rapport à tout ça, parce que j'avais mes frères aussi qui étaient là, donc c'était pas facile. Et je me suis dit, il fallait que je je me bouge, il fallait pas que je reste là. Il fallait que je je il fallait que je prenne j'assume mes enfants et je m'assume moi aussi.Donc, j'ai été demander un appartement à à donc à Idu, à Média Habitat. Donc, on m'a on m'a on m'a proposé un logement dans le quartier d'Ila que j'ai accepté tout de suite parce que, bah voilà, j'avais pas le choix. Je voulais aussi libérer mes parents et les laisser aussi souffler un peu. Donc, en emménageant dans cet appartement, j'ai j'ai moi j'ai pris des meubles d'un peu de partout, d'Emmaüs, un peu de de partout, parce que j'avais pas les moyens non plus.Et de là, j'ai commencé à faire mes recherches d'emploi, enfin à me débrouiller seule. Ça me faisait bizarre d'avoir un appartement tout seule avec mes mes deux enfants, mais j'avais pas le choix. J'ai inscrit mes enfants à l'école. Et j'avais et j'ai trouvé j'ai trouvé quelques petits travaux, donc chez les particuliers, j'ai gardé des enfants, aussi, donc c'était c'était très, très difficile aussi. Et j'ai travaillé chez des particuliers aussi en ménage. Donc, j'ai fait ça pendant 2 ans. J'ai bossé, bossé, bossé, parce que voilà, j'avais j'avais pas le choix, il fallait que je travaille, il fallait que je j'assume. Il fallait que je j'élève mes enfants aussi.Et j'ai subi aussi de l'injustice au travail par rapport aux heures. J'avais peu d'heures et j'avais plus de ménage à faire, et puis j'avais des enfants aussi qui étaient très, très durs avec moi qui se permettaient de téléphoner à des à des à des chaînes de télévision, et tout ça pour des jeux. Et à la fin, bah c'était moi, c'était moi la responsable, c'était moi qui avais appelé, c'était moi qui Quand il y avait un un matériel qui se cassait dans la dans leur maison, un aspirateur ou quoi que ce soit, bah c'était moi, c'est toujours moi en fin de compte. Je voilà, j'avais le je je pouvais rien dire parce que je me disais il fallait que je travaille pour fallait que je travaille, c'était mon seul, voilà, mes seules ressources.Et donc, j'ai aussi en même temps, j'ai passé mon permis avec difficulté parce qu'à chaque fois que je passais mon permis, j'avais une lettre une lettre d'Algérie qui arrivait pour me confronter à mon mari par rapport à une audience, une audience, bah de divorce. Et à chaque fois, donc je l'ai passé plusieurs fois. Et et d'ailleurs, j'ai un j'ai une petite anecdote par rapport à ça. J'ai mes enfants, comme j'avais j'avais pas trop les moyens de les garder à part ma sœur, mes parents, mais qui ne pouvaient pas tout le temps les garder, j'avais la secrétaire de l'auto-école où je travaillais, je les mettais ils restaient avec elle en dans leur dans sa salle, dans la salle où elle était, pendant que moi je faisais mes heures de code. Et d'ailleurs, je l'ai vue il n'y a pas longtemps et puis elle s'en rappelle très, très bien. Elle me dit : « Bah, t'as bien... », que j'avais beaucoup souffert par rapport à mon permis. Et au final, je l'avais obtenu. Donc, je pouvais m'acheter une petite voiture, je m'apprêtais à acheter une petite voiture. D'ailleurs, c'était ma première. J'ai pu sortir avec mes enfants, j'ai pu et j'ai eu aussi affaire à à l'aide alimentaire aussi. Je suis partie aussi au Restaurant du Cœur, j'ai pas j'ai pas eu le choix aussi parce que j'avais pas les moyens aussi de subvenir aux besoins de mes enfants. Et je ne voulais pas d'aide, je ne voulais pas d'aide de la famille parce que voilà, j'arrivais, pour moi, il fallait il fallait que je m'en sorte seule.Ensuite, j'ai donc mes enfants ont suivi leur scolarité. Très discrète, on j'étais très discrète dans le quartier. J'osais, enfin je parlais pas trop de ma vie, pas trop de Voilà, et ensuite, bah voilà, quoi, parce que j'ai j'ai obtenu mon permis, j'ai pu travailler, j'ai pu subvenir à mes besoins et et ceux de mes enfants, et j'ai pu m'en sortir aussi. Donc, j'y crois- j'ai bah j'étais fière parce que je me disais : en fin de compte, j'étais venue avec rien et puis au final, au final, je me suis j'ai je suis enfin j'ai avancé grave, quoi.(Interruption d'une tierce personne : Et quelles injustices t'as vécues au t'as vécue des injustices au travail, comment c'était pour comment tu faisais pour pour tes enfants, garder, subvenir, assumer le rôle de maman et en même temps aussi subvenir aux besoins de de toute ta famille ?)Comment je faisais ? Bah, de toute façon, j'avais pas le choix, il fallait que je leur, voilà, il fallait que je j'aille au Resto du Cœur, que je travaille, que voilà, que quand je recevais mes mes papiers de divorce, bah fallait que j'assume aussi, fallait que je paye aussi une avocate qui était en Algérie. Fallait que je paye une avocate aussi qui était en Algérie, mais en fin de compte, j'avais pas le choix, fallait que je fallait que je, voilà, fallait que j'aie... Il fallait que j'avance. Il fallait que j'avance.(Interruption : Et du coup, qu'est-ce que tu aurais à dire pour des mamans qui seraient dans la même situation monoparentale avec, du coup, deux enfants jumeaux et...)Ben, je me dis que... Et aussi, je voulais revenir sur un point par rapport à une femme divorcée. Une femme divorcée chez les Maghrébins, c'est une femme, voilà, c'est toujours de sa faute. C'est elle qui c'est elle qui a voulu divorcer, c'est elle qui Voilà. Et j'ai aussi subi l'injustice par rapport à mon à être femme divorcée aussi. C'est aussi pour eux, c'est « non, bah on va on va leur piquer leur mari », à certaines femmes. Et par rapport aux hommes, eh ben on va entraîner leurs femmes à faire des choses. Donc ça, ça s'est c'était dans la famille, enfin pas mes frères et sœurs, mais c'était dans la famille proche. Donc ça m'a marquée un peu. Je me suis retrouvée un peu lésée par rapport à tout ça, enfin mise de côté. Donc quand on divorce, on divorce pas pour rien, voilà, on a nos raisons et et voilà. Et il n'y a pas de moment injuste, il n'y a pas de moment injuste envers ses enfants quand Si on a pris une décision, cette décision, c'est qu'on n'avait pas le choix. Il fallait qu'on la prenne, c'est pour le bien de nos enfants et le nôtre. Voilà.(Interruption : Est-ce que t'aurais des des anecdotes sur des injustices que t'as vécues au travail, comment ça s'était passé ? Oui, les injustices, eh ben...)Bon, au travail, j'étais toujours stressée parce que je je suis tombée sur des gens qui étaient très maniaques, surtout les particuliers. Il fallait absolument que ce soit bien astiqué, bien nettoyé, à telle heure, il fallait que j'arrive, et moi j'avais pas de permis à l'époque. Il fallait que j'arrive à telle heure, il fallait que et puis voilà, elle me des fois elle me elle me traitait comme comme une moins que rien, en fin de compte. Dès que je repassais, elle me disait : « Bah non, bah tu vas tu vas repasser parce que c'est mal fait ». Donc, elle me rejetait tout dans la corbeille, il fallait que je le refasse. Et voilà, j'avais pas le choix. Donc quand on n'a pas le choix, voilà, et des enfants aussi odieux, aussi, bah désagréables. Franchement, c'est pour ça que je ne je ne pourrai plus travailler chez les particuliers parce que j'ai vécu des choses trop trop injustes.Alors, ce qui m'a fait mal aussi quand j'étais chez mes parents, c'était que mon père travaillait à la fonderie et, franchement, c'était très, très dur. Il a travaillé au moins 40 ans là-bas. Il revenait le soir tout brûlé les pieds, les mains et tout, et je le voyais, il disait rien. Il était là, normal, sere- serein, et il gardait le sourire, le partage. Ma mère pareil, elle, c'est ça qui m'a voilà. J'ai fait ça pour mes parents en fin de compte. Je suis partie aussi pour m- maman, pour mes parents, parce que si je serais si je serais restée, ils m'auraient pas dit ils m'ont jamais dit de partir, mais si je serais restée, eh ben je sais pas, j'aurais pas enfin j'aurais pas vécu ce que j'ai vécu là maintenant, quoi. J'aurais, comment dire, c'est un mal pour un bien, on va dire, ce mariage arrangé. Et du coup, voilà, quoi.Alors, je voulais revenir sur quelque chose que j'aimerais qu'on arrête de juger les mamans car il n'y pas de maman il n'y a pas de mère indigne. Si on a pris une décision, c'était c'était parce qu'on c'était pour le bien de nos enfants, nos enfants d'abord, et après le nôtre. Après, une maman, c'est une charge mentale énorme, parce qu'il faut savoir, c'est c'est qu'on doit penser à tout, on doit supporter tout, on doit arrondir les angles quand tout va mal, et être forte quand on est épuisée aussi.Et c'est que maintenant que je comprends ma mère, qui s'appelle Zouhra d'ailleurs, qui me disait : « Quand tu seras mère, tu pourras comprendre ce que je ressens, moi, ce que je ressens ». Et effectivement, j'ai ressenti une fois que j'étais mère, j'ai ressenti la, pas la souffrance, mais la comment dire... Quand on a des enfants, bah on s'inquiète pour eux en fin de compte, on ne veut que leur bien, on veut qu'ils soient bien, on veut qu'ils qu'ils avancent, on a peur pour eux, on est toujours en train de leur rabâcher, mais en fin de compte, c'est pour leur bien. Et nous, voilà, ça c'est notre fierté aussi.On nous a toujours appris, nous les femmes, surtout dans les familles, de faire attention à ce qu'on dit, de ce qu'on fait, d'être discrètes, de ne pas parler trop fort, de ne pas de ne pas dire aussi quand ça va mal, quand voilà, faut tout garder pour soi en fin de compte. C'est tout ça pour pour la famille, quoi, pour le comment dire, pour le famille, et puis pour notre éducation, enfin pour l'éducation, pour qu'on ait eu une bonne éducation, un bon... Je sais pas comment expliquer ça, mais et voilà, quoi.Et là, je pense aussi à des mamans qui vivent en ce moment dans la souffrance, dans l'injustice, dans la douleur, dans le mensonge des autres aussi. On cherche, de nous les mamans, on cherche la bienveillance, la sécurité, le respect et le bien et le bien-être de nos enfants. Et pour finir, la preuve que tout cet la preuve que tout ces ces épreuves ont été bénéfiques pour moi, car mes enfants sont une réussite pour moi, et que la patience et la naïveté payent un jour ou l'autre.Alors, maintenant, j'ai eu deux enfants de plus. Donc, j'ai deux garçons et deux filles. Et je suis fière d'eux, et leur bien...(Interruption : C'est que du positif ?)Bah ouais, mais tu sais, ça, ça te remonte. Donc, moi, je voulais dire aussi que tout ça, ça a été bénéfique, c'est vrai, pour moi. C'était un mal pour un bien. Et la preuve, c'est que c'est que pour moi, mes enfants ont été une réussite pour moi, ça a été une grosse réussite même, et que et que la patience et la naïveté payent un jour ou l'autre, car je l'ai été.Et maintenant, je me suis ben j'ai refait ma vie et j'ai un garçon et une fille de plus. Donc, je suis très fière d'eux aussi. Donc, j'ai deux garçons et deux filles que je suis de mes quatre enfants, je suis très fière d'eux car ils ont été très bienveillants envers moi, ils ont été très respectueux. Et malgré les moments qu'on a eus difficiles dans la famille, ils ont été, franchement, très bienveillants et je suis très, très fière d'eux de ce de ce qu'ils sont devenus, devenus tous les quatre. Et voilà.

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                    Donc moi c'est Maïmouna, je suis une maman de trois enfants, trois jeunes filles en bas âge. Elles sont âgées de 3 ans, 5 ans et 6 ans.Vous savez, moi je suis issue d'une grande famille et j'ai grandi dans un quartier populaire. Je suis issue d'une famille polygame, où j'ai j'ai grandi avec deux mamans, un papa, 16 frères et sœurs.Et très tôt, j'ai appris qu'il fallait faire attention au budget de la maison, que nourrir une famille nombreuse demandait beaucoup d'organisation. Aujourd'hui, j'aimerais que les visiteurs repartent avec de l'espoir. J'aimerais qu'ils comprennent que les quartiers populaires ne sont pas seulement des lieux où l'on subit des difficultés, des lieux... Ces quartiers populaires, c'est aussi des territoires où on invente des solutions, où on crée de la solidarité, où on prépare l'avenir. J'aimerais aussi qu'ils regardent différemment les mamans. On n'est pas que des mamans relou, parce que derrière chaque mère, il y a une femme qui protège, qui transmet, qui éduque, qui se bat chaque matin, chaque jour, chaque nuit, et qui souvent sans le savoir, agit déjà pour le climat et pour la société.Un truc tout simple... Je récupérais systématiquement les vêtements de ma grande sœur quand ils étaient petits pour elle. Et quand ces vêtements devenaient un peu petits pour moi, et bah tout de suite, c'est mes petits frères et mes petites sœurs qui se coltinaient les vêtements. Il n'y avait pas forcément la mode. Ma mère ne suivait pas la mode, elle suivait en fait... Il fallait à tout prix nous couvrir pour propre et pas troué, pour qu'on pouvait partir à l'école avec. Ah, ma mère, elle avait cette capacité, en fait, avec sa machine à coudre et son aiguille une aiguille de redonner vie à des vêtements là où il y avait un trou, elle avait cette capacité à le réparer. Et c'était vraiment cette pratique-là, on réparait plutôt que de jeter. Ces pratiques-là, comme des gestes écologiques, c'était simplement notre manière de vivre.L'écologie, ce n'est pas une affaire de spécialistes. C'est une affaire d'amour. L'amour que l'on porte à ses enfants, à son quartier, à sa famille, et au monde que nous allons leur laisser. Parce qu'au fond, nous avons toutes et tous le pouvoir de prendre soin du vivant. Et c'est peut-être cela le plus beau message que peut transmettre une mère.Je suis devenue une maman engagée parce que j'avais toutes les réponses. Je le suis devenue parce que j'aime profondément mes enfants, et que je trouve cela super beau que nos enfants puissent voir les mères autrement. Qu'ils puissent se dire : « Ah, ma maman n'est pas seulement celle qui s'occupe de moi, c'est aussi une femme qui agit pour son quartier et pour le monde dans lequel je vais grandir. » Finalement, la l'expo « La Vie de Ma Mère », ça rappelle une chose essentielle : les mamans des quartiers populaires ne demandent pas qu'on parle à leur place. Elles demandent simplement qu'on les écoute.Ma mobilisation, une autre mobilisation sur les questions liées à l'alimentation, elle est née d'une rencontre à l'occasion d'une formation, de la première formation qu'on avait bénéficié avec Banlieues Climat, c'était la formation des Mamans pour le Climat. Et ce jour-là, on avait rencontré Claire Nouvian. Claire Nouvian, du coup, qui est la représentante de BLOOM, qui avait fait une intervention sur le sujet du thon. Mais pas uniquement le thon, mais surtout de la présence d'un taux de mercure important dans le thon. J'ai vu des visages se décomposer tout au long tout au long de cette table ronde. Au fur et à mesure, les mamans, et moi aussi surtout, en fait on on prenait conscience, on commençait à réaliser que sans le savoir, on était peut-être en train d'empoisonner nos enfants.Maman de trois enfants en bas âge, une activité professionnelle à temps plein, j'ai un engagement associatif, et mes journées sont tellement pleines que je je fais pas des plats élaborés tous les soirs. Moi, je je suis la championne de la quiche au thon, j'arrive, je je prépare une quiche, je mets une petite salade et une tranche de tomate à côté. Bah du coup, je savais que je suis contente, mes enfants raffolent de ça donc voilà, je suis satisfaite, et je pensais que mes enfants, du coup, mangeaient bien. Bah là, je suis tombée de 18 étages.On a on s'est mis à retirer, nous toutes, le thon qu'il y avait dans nos placards et à s'envoyer à s'envoyer les vidéos. Et tout de suite, il y a eu une dynamique. Le soir même ou le lendemain, un hashtag #BalanceTonThon, on a commencé à inonder les réseaux sociaux. Et on est partis beaucoup plus loin que ça, c'était une sacrée mobilisation, cette histoire autour de l'alimentation et surtout du thon. On a interpellé les grandes chaînes de distribution, notamment E.Leclerc. On est partis au siège de de Leclerc pour pouvoir le rencontrer, on a envoyé des courriers à Édouard Leclerc pour leur dire : « Stop, arrêtez d'empoisonner nos enfants. »C'est qu'une simple prise de conscience peut devenir une force collective. Tout d'abord, c'est des mamans ordinaires comme vous, comme moi, qui se lèvent pour protéger leurs enfants. Et ensuite, de fil en aiguille, bah elles contribuent, et  elles contribuent à faire évoluer le débat public.L'association que j'ai fondée est née d'une rencontre. Avant cela, j'étais déjà engagée dans une association de quartier, une association qui s'appelle Nouvelle Ville Blanche. En fait, j'étais la chargée de développement de projets au sein de l'ANVB. Mon association, on peut dire que c'est une petite sœur de cette association. Je m'explique. En juillet 2023, Nahel avait été tué. de peur qu'il y ait de la tension ou des choses de ce genre. Et à l'époque, les quartiers étaient vraiment sous tension parce que les jeunes étaient vraiment en colère. Mais nous, ce samedi 1er juillet, on on a fait un choix un petit peu fou, c'était de de maintenir, en fait, notre structure ouverte pour accueillir la journée de sensibilisation qui était organisée avec Banlieues Climat. Et là, c'est le pari fou qu'on s'était donné, c'était de se dire : « OK, on ouvre toute la journée le samedi en plein cœur de la cité, pour accueillir le public, pour aborder en fait la thématique de l'écologie et du climat. » À l'issue de cette formation, je suis repartie avec une envie forte de planter des graines à mon tour.

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                    Parce qu'en fait, le respect a changé dans le sens que la société fait que les jeunes se rebellent. Parce que quand on voit, des fois dans les CV, le mec il a un bac+8... On va dire, j'exagère, bac+8, bac+4, et que voilà, le problème c'est qu'il habite dans un quartier défavorisé... Waouh. Il en prend un coup, le mec. Que la... Tu sais que la cocotte, elle est en train de se fermer, fermer, fermer, mais à un moment, elle va exploser. Et le jour où elle va exploser, ça va être les émeutes comme il y a eu il y a deux ans. Il y a deux ans, il y a eu les émeutes dans tous les quartiers de France. Dans toute la France, pas que dans la... à Strasbourg. C'était dans tous les quartiers de France. Je les ai... Je les ai vécues quotidiennement. Ils ont même failli cramer ma camionnette, pour te dire. Alors moi, j'ai grandi là-bas et tout, mais ils ont pas fait... Ils en... Ils en avaient rien à foutre de qui c'était.Mais le fait que voilà, c'était un aperçu. Faut que le gouvernement, il ouvre les yeux, se dise : « Putain, mais si les mecs de quartier se réveillent, ils vont nous mettre à genoux. » Tu as vu combien de millions, de milliards de de de euros de de dégâts il y a eu ? Les grands du quartier, ils ont fait une descente un peu pour raisonner avec les jeunes. Mais, le problème c'est que c'était quand même une facilité pour eux pour s'exprimer aussi. C'est une c'est une c'est une façon à eux de s'exprimer de s'exprimer, de dire que le gouvernement, on en a ras le bol. Un jeune, la vie d'un jeune qui qui a été arrachée comme ça, juste pour un contrôle... Ah, faut arrêter, quoi. La la vie d'un jeune d'un quartier, elle vaut quand même elle vaut quand même quelque chose. C'est c'est une perte humaine. Ils ont attisé une haine, c'est incroyable. Et je sais pas en fait ce qu'il va être fait demain, dans le sens que les quartiers, à un un moment ou un autre, ça va péter. C'est une question de temps. Ça va être comme la guerre civile, c'est ce qu'il cherche en fait, le gouvernement. Il cherche que voilà, les jeunes les jeunes issus de voilà... Mais de toute façon, les les jeunes de maintenant, ils se disent : « Ouais, on n'a plus rien à perdre. Autant aller se faire de l'argent facile. Pourquoi je vais aller faire j'ai fait 40 CV à gauche à droite avec mes diplômes, je trouve pas, alors que voilà, je vais aller vendre un côté de de la poudre et tout et cetera, je vais me faire des thunes. » La facilité. Tu vois ce que je veux dire ? Et voilà, ça ça ça t'atterrit à quoi ?Quand j'ai posé pour la photo, je pensais pas que ça allait avoir un impact comme ça déjà. Je pensais avoir un petit tableau de voilà, d'un d'un petit mètre, quoi. Je m'attendais pas à avoir une grande œuvre comme ça, et qu'il y a beaucoup voilà, ceux qui sont... qui ont accès à la culture, qui s'y connaissent un peu en peinture, ils ils ont vu qu'il y avait beaucoup de choses qui se dégageaient de ça que moi je ne vois pas. Moi qui ai pas eu accès à la culture à l'époque et cetera, mais voilà, quand on m'explique : « Ouais, mais tu sais, ça exprime ceci cela », et voilà, je me dis : « Waouh, ça exprime pas mal de choses en fait la culture l'expo et cetera. » D'un côté, ça fait un petit peu polémique, de l'autre côté, c'est une fierté. Franchement, j'ai j'étais fière de... Et je pensais pas que ça allait aller jusque-là, quand même. Les personnes qui ont accès à cette culture et tout, vont peut-être s'intéresser. Qu'est-ce qui se passe derrière ce personnage ? Cette personne qui pose en photo. Le voile, ouais, c'est quelque chose quand même. Pourquoi on discuterait pas par rapport à ça, tu vois ? Moi, je voudrais en fait que ce que que les gens, quand ils voient cette toile, ils disent : « Putain, mais en fait, c'est une personne comme une autre. »

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                    Moi, ouais, je suis née ici de parents algériens qui sont venus très très jeunes ici, qui parlent très très bien français. Ma mère a fait des études en France. Et voilà. Et je veux dire, en France, on n'est pas les bienvenus, et quand je vais dans la terre de mes grands-parents en Algérie, je suis une immigrée. Elle est où ma place, en fait ?Une fois, ma fille, elle a eu une altercation à l'école et tout, j'ai dû intervenir et voilà. Je ne me suis pas laissée faire, juste parce que... Je n'ai pas été agressive, j'ai juste dit : « Vous ne refaites plus jamais ça à ma fille. » On m'a dit : « Vous faites ça, on vous fait couper les mains dans votre pays. » Vous entendez ça ? Mais ça veut dire quoi, ce genre de comportement ? Pourquoi aujourd'hui on en est arrivé là ? Pourquoi ? Parce que les politiques... On entend des lois, des trucs où on nous met de côté. On veut nous enlever, on veut nous mettre dans des cases, parce qu'on nous fait ressentir qu'on n'est pas les bienvenus, qu'on n'a pas notre place en France. Alors qu'on est des Français.En tant que maman, surtout nous, d'immigrés, on doit toujours prouver plus, on doit toujours être derrière nos enfants. Donc ça demande beaucoup de travail. Beaucoup de travail. Et... des Arabes. Encore des Arabes. Il faut surtout pas qu'on se... Au contraire, il faut que nos enfants réussissent et montrent qu'on peut réussir, et qu'on a ce savoir, et qu'on... C'est une exigence supplémentaire qu'on a, qu'on a. Mais c'est... c'est la vie qui fait ça aujourd'hui en France. On n'a pas le choix, parce que s'ils sont tout de suite criblés - ou ciblés, pardon - et tout, ils sont foutus. Ils vont aller où ? Ils vont avancer où ? Déjà parce que tu es rebeu, déjà c'est cloché. Sur ton CV, on voit par exemple un Mohamed ou un Karim, c'est déjà mort pour toi. C'est fini, c'est pas la peine.En fait, tu dois être partout. Tu dois être partout, tu dois montrer que tu es là, tu dois montrer que tu n'es pas une mère qui délaisse ses gosses. Moi, j'ai été déléguée des parents d'élèves dans tous les secteurs avec mes enfants. Que ce soit au collège, au primaire, au maternelle. J'ai été partout quand il y a des sorties, je suis là. Je leur montre que voilà, je suis une maman investie, je suis là. Tu vois, pour prouver encore, et encore, et encore, je suis là. Et honnêtement... Bah tu vis plus. Tu vis plus, tu es là, tu es... Mais des fois tu craques, hein. Féris, tu craques, tu n'en peux plus, hein. Parce que des fois, moi ça m'est déjà arrivé d'avoir des blues comme ça, parce que tu n'as pas de temps pour toi, tu t'oublies. Vraiment, tu t'oublies.Hé, tu as bien vu, je t'envoie des vidéos, je suis en train de hock le sol. La vérité ! Quand tu es dans le train, je te dis : « Regarde maman, ma vie ! » C'est vrai ou pas, Féris ? Je suis en train de hock le sol ! Je fais des allers-retours... Eh Féris, je lui dis : « Regarde ma vie ! » Je te promets, je hock le sol, je cherche la petite à l'école, je fais les activités, je rentre, je fais le ménage, je fais la bouffe, je fais... En fait, c'est la maison, les gosses, tout est autour du confort du mari et des enfants. Donc moi, je suis là. Et après, j'attends que tout le monde rentre. Tout le monde a fait sa journée de fou, ils sont épuisés, ils sont K.O. Et moi je suis là, j'ai envie de...Mais c'est vrai ! C'est la vérité, ils sont tous K.O. « Ah, c'était bien ta journée ? - Ouais c'était bien, c'était bien. » Ouais, OK. Il n'y a personne qui va me dire : « Toi, tu as fait quoi ? Tu as fait quoi aujourd'hui ? Qu'est-ce que tu as fait ? » Il n'y a personne. Wallah, il n'y a personne. C'est hock le sol. « Il y a quoi à manger ? » Ça, oui. « Il y a quoi à manger ? Ah maman, tu as lavé mon pull ? » Sinon, il n'y a rien d'autre.Et c'est vrai qu'en fait, Féris, là, tu as vu quand on est venus, que quand on devait faire le concours d'éloquence, je t'ai dit : « Féris, moi je sais pas parler, moi je connais que le langage de la rue, tu veux que je t'apporte quoi ? » Tu te souviens Féris, tu m'as dit : « Mais Soraya, c'est vous qui nous apportez, tu te rends pas compte en fait ? » Tu te souviens quand tu nous as dit ça ? Je me suis dit : « Ah ouais, c'est vrai, on apporte ? » Wallah, je me suis dit : « C'est vrai on apporte ? On apporte quoi ? » Et quand il nous a dit ça, mais tu sais quoi Féris, entendre cette phrase-là, wallah tu sais pas la dinguerie que ça nous a fait. Parce que ça, on ne nous le dit pas. On n'entend pas.Non, je regrette pas parce que... Non, je regrette pas. Mais aujourd'hui je me dis voilà, les enfants maintenant ils grandissent, ils font leur vie et tout. Et je me dis qu'aujourd'hui, c'est le moment pour moi de prendre ma revanche et de prouver aussi à mes enfants que je suis capable de faire d'autres choses.

                    1. Anticipation Festival #3

                      Du 18 au 21 juin 2026

                      Et si l'expérience de l'altérité devenait un point d'appui pour inventer d'autres façons d'habiter, d'aimer, de penser ?

                    Cet événement fait partie de :

                    Tous vivants !

                    Pour imaginer ensemble des futurs souhaitables, le festival Anticipation revient pour sa 3ᵉ édition à la Gaîté Lyrique, du 18 au 21 juin 2026 : expositions, performances, débats et concerts pour …