fl0w
Peut-être la plus évidente des caractéristiques de Berlin, celle qui s'offre à l'œil et qui ouvre cette sélection de jeux vidéo ou qu'on visite la ville pour une première fois, c'est le vide qui l'emplit. Quand Paris se densifie chaque année un peu plus, que ses quartiers se tassent comme si l'on voulait écrire une histoire de plus dans un coin de la feuille déjà tellement chargé d'histoires, Berlin, respire.
Ses espaces verts, ses 3 845 habitants au kilomètre carré quand paris en compte plus de six fois plus, soit 24 948, un tissu lâche et moins oppressant, une ville moins présente jusqu'au ciel et plus de place pour laisser circuler les idées, qui irriguent les rues et les habitants.
Rétive aussi à porter son histoire, Berlin laisse aux artistes le loisir d'aller vers l'avenir, s'éloignant, par la création, des barbaries qui l'habitèrent jusqu'à la ravager il y a un demi siècle. La scène artistique, jeune et aux couleurs de peau et d'habits chamarrés, se repose peu sur les gloires et lauriers passés de la ville pour mieux oublier les ombres du siècle qu'elle vit naître également. Quand Paris célèbre son passé, Berlin, peut être par une humilité toute protestante, se contente de glisser vers l'horizon, y portant un regard venu des quatre coins du monde pour respirer et vivre à Berlin, où il y a de la place pour tout le monde.
Dans ce contexte, fl0w, un jeu américain, trouve une place parfaite, car dans le monde des micro-organismes, tout ce qui nous semble encombré ou saturé se change en un grand rien, plein d'espace au milieu, où tout est distant et chacun trouve sa place dans un flux, dans un flot d'idées et de vie.