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Atelier (Berlin Next! / Jeux video)

Jeux video : thème Berlin

Mardi 29 mars 2011 - Dimanche 3 avril 2011 / Premier étage


Tags : jeu vidéo

Tarif : Entrée Libre

L'espace Jeux Vidéo explore Berlin comme esprit


Plutôt que de se concentrer sur Berlin le lieu en développant une programmation centrée sur les développeurs berlinois, l'espace Jeux Vidéo explore Berlin comme esprit, une certaine idée de la création propre à la ville. Ainsi, autour des pistes thématiques dont la Gaîté s'est équipé pour explorer la folie des artistes et auteurs Berlinois, l'espace Jeux Vidéo programme des perles de la création mondiale, pensées et exécutées dans le plus pur esprit Berlinois.

Le ”faire“ : Minecraft (PC)
Le “faire” : Stacking (Xbox360)
La non-densité : Oblivion (Xbox 360)
La non-densité : Trauma (PC)
La migration : Retrograde (Playstation 3)
Le système collaboratif : Braid (Xbox 360)

 

fl0w

Peut-être la plus évidente des caractéristiques de Berlin, celle qui s'offre à l'œil et qui ouvre cette sélection de jeux vidéo ou qu'on visite la ville pour une première fois, c'est le vide qui l'emplit. Quand Paris se densifie chaque année un peu plus, que ses quartiers se tassent comme si l'on voulait écrire une histoire de plus dans un coin de la feuille déjà tellement chargé d'histoires, Berlin, respire.

Ses espaces verts, ses 3 845 habitants au kilomètre carré quand paris en compte plus de six fois plus, soit 24 948, un tissu lâche et moins oppressant, une ville moins présente jusqu'au ciel et plus de place pour laisser circuler les idées, qui irriguent les rues et les habitants.
Rétive aussi à porter son histoire, Berlin laisse aux artistes le loisir d'aller vers l'avenir, s'éloignant, par la création, des barbaries qui l'habitèrent jusqu'à la ravager il y a un demi siècle. La scène artistique, jeune et aux couleurs de peau et d'habits chamarrés, se repose peu sur les gloires et lauriers passés de la ville pour mieux oublier les ombres du siècle qu'elle vit naître également. Quand Paris célèbre son passé, Berlin, peut être par une humilité toute protestante, se contente de glisser vers l'horizon, y portant un regard venu des quatre coins du monde pour respirer et vivre à Berlin, où il y a de la place pour tout le monde.
Dans ce contexte, fl0w, un jeu américain, trouve une place parfaite, car dans le monde des micro-organismes, tout ce qui nous semble encombré ou saturé se change en un grand rien, plein d'espace au milieu, où tout est distant et chacun trouve sa place dans un flux, dans un flot d'idées et de vie.

Galcon fusion

Berlin est le théâtre de tous les mouvements, artistiques certes, mais aussi de mouvements de foule, avec une population fortement engagée et militante. Pour autant ceux qui marquent l'histoire de la ville par leur amplitude sont les mouvements démographiques, économiques et sociaux. Depuis la chute du Mur en 1989, par là où deux millions de migrants s'en sont allés, deux autres millions s'en sont venus. Si ce sont pour beaucoup des Allemands, ils viennent en fait du monde entier.

Plus de la moitié de la population berlinoise n'est pas née à Berlin, elle est venue, viendra ou s'en ira peut-être. Mais dans l'esprit de la ville, dans cette idée très berlinoise d'accueillir la volonté et les idées de l'extérieur, de l'autre, de l'étranger, ils sont toujours et tous les bienvenus, tant qu'ils sont là pour faire et pour faire ensemble.

C'est dans cette optique que Galcon Fusion s'installe à la Gaîté. Le jeu parle de ces migrations d'endroits en endroits, sur un gameplay simpliste pratiqué juste à la souris, les jeux de territoire guerriers ou politiques se déroulent à l'écran de proche en proche et de planète en planète, une fois conquise l'ennemi d'hier est l'ami d'aujourd'hui et des batailles futures, dans une lutte épurée tout en étant haletante.

 

Stacking

À Berlin, la créativité fait plier les autres impératifs. Les aides de l'état sont présentes, il est aisé de trouver un atelier et les créateurs berlinois sont souvent prêts à participer à des projets d'envergure.

Ça n'est pas le cas partout dans le monde. Double Fine est une compagnie américaine produisant des jeux vidéo dits "triple A" c'est à dire à gros budgets. Cependant, lorsque l'un des designers de la société a eu l'idée de Stacking, le jeu n'était pas assez important. Il requérait une petite équipe, à peine le tiers de l'effectif de la société. Or dans l'industrie du jeu vidéo, un studio ne se lance habituellement que dans des projets soit proportionnés à ses effectifs, soit plus importants, dans une course à la croissance en constante accélération.
Pressée par les banques les éditeurs et les actionnaires d'annoncer un nouveau jeu, Double Fine dont les employés avaient à cœur quelques projets trop petits pour être produits décida d'aller contre les idées pré-conçues et les modèles existants pour imposer une structure morcelée en trois petites équipes pour re-créer des jeux comme ceux qu'elle produisait à ses débuts. C'est dans ce contexte mouvementé que le jeu Stacking a vu le jour, un petit bijou d'originalité, que ses créateurs ont fait quand ils avaient envie de le faire.

 

Braid

Les berlinois ont une culture du partage et de la collaboration que leur envie l’Europe entière. Une idée se partage, la ville et ses habitants semblent grands ouverts aux autres, à la critique raisonnable et au recyclage en direct des intuitions et intentions.

Une réunion d’amis peut très vite tourner à l’atelier d’idées et de l’échange faire un projet. Les égos disparaissent pour laisser place à la création, à la culture du "Faire".

Et si Braid est un projet né d'un échange d'idées mais développé par un seul homme (Johnathan Blow) c'est ce qui a suivi la sortie du jeu qui lui vaut cette place centrale sous l'égide de l'esprit collaboratif qui règne à Berlin, c'est que ce jeune Game Designer a utilisé 80% des revenus de Braid pour les réinvestir dans les jeux idépendants d'autres créateurs en créant le Indie Fund.

Après une validation sur dossier, les créateurs candidats au Indie Fund sont invités à s'asseoir à une table avec Johnathan Blow et neuf autres Game Designers légendaires pour discuter ensemble de l'idée de jeu proposée, pour enfin la valider et investir les fonds (par un prêt à 0%) en aidant au suivi du projet.

 

Flower

Berlin est une ville verte, très verte. C’est en fait la capitale d’Europe qui possède le plus d’espaces verts. Pour la création comme pour la récréation, la respiration et la nature sont essentiels, et la non-densité de Berlin est un des enjeux culturels essentiels de la ville.

Du gigantesque Tiergarten à tous les Volkspark (parcs de quartier) en s’étendant aux lacs et forêts de la périphérie berlinoise, Tegel, Spandau ou Grunewald, autant d’espaces de rien, nécessaires comme le creux de la courbe dramatique, servant aux artistes à reprendre leur envol.

Flower est un jeu lent et contrôlé, comme une promenade dans un parc, qui parle de cette idée différente d’une ville qui n’étouffe pas les passants en grimpant jusqu’au ciel, qui laisse respirer un moment pour le laisser s’envoler comme un pétale au vent. Une idée différente de la densité du jeu.

 

Little Big Planet

Une des caractéristique de la culture berlinoise c’est l’envie de faire des chose, de se défaire de l’héritage communiste ou nazi que porte l’histoire Allemande pour laisser la place aux intuitions et aux créations personnelles. Celles-ci sont entreprises dans une idée de la créativité sans entrave, dans l’immédiateté créatrice qui libère celui qui entreprend, celui qui fait.
Ainsi, à Berlin, l’on est un “crafter“, un faiseur, avant d’être un artiste reconnu ou non. Toutes les disciplines se fondent dans la culture de la ville, de la sérigraphie à la mode en passant par les arts de la rue en une série de textures et de matières entassées dans de grands ateliers.

C’est dans cet esprit qu’a été sélectionné Little Big Planet, ressemblant à un atelier d’artiste Berlinois, plein de ces materiaux faits jeux, il permet à chacun de profiter des niveaux déjà créés, mais surtout, à l’envi et de manière très simple, de créer soit-même les niveaux et de les mettre à disposition du public, sur internet sur un coup de tête. Le "faire" de la culture Berlinoise s’exprime ici de façon pleine et évidente.

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