Sélection de DVD
Avril 2012
Coffret DVD sur Robert Crumb - Édition Phares et Balises
En France, le printemps 2012 sera crumbien ou ne sera pas. Satané satiriste, croquant férocement l’humanité en général et la société américaine en particulier, Robert Crumb fait l’objet non seulement d’une ample exposition rétrospective proposée par le Musée d’art moderne de la Ville de Paris (visible jusqu’au 19 août) mais également d’un coffret DVD conçu par les éditions Phares et Balises. Le fameux documentaire de Terry Zwigoff, sorti en 1992 et tout simplement intitulé Crumb, constitue le morceau de choix de ce coffret. Ami proche du dessinateur américain, Zwigoff nous fait pénétrer dans son intimité en sachant toujours rester à bonne distance. On y découvre un homme terriblement attachant, issu d’un milieu familial carabiné (père hyper-autoritaire, mère shootée aux amphétamines, ses deux frères végétant entre camisole chimique et pulsions suicidaires, ses deux sœurs refusant, elles, d’apparaître dans le film…), qui lutte contre ses démons intérieurs à coups de crayons très affûtés. Ennemi juré de la langue de bois, Crumb parle sans détour de ses rapports (houleux) avec Hollywood et les femmes, de ses expériences avec le LSD, de sa répugnance envers le monde d’aujourd’hui, de sa mélomanie, qui va de pair avec sa misanthropie : « Écouter un vieux disque de blues me réconcilie presque avec l’humanité. » R. Crumb et la musique – un extrait du film Les Primitifs du futur – et Parlez-moi d’amour – un entretien de vingt-huit minutes avec Crumb et sa femme Aline – complètent ce coffret DVD que tout amateur de bande dessinée (et d’expression débridée) se doit de posséder.
« Le Narcisse noir » de Michael Powell & Emeric Pressbruger
C’est un cadeau de toute beauté que Carlotta fait aux cinéphiles en leur permettant de (re)découvrir Le Narcisse noir (1947) de Michael Powell et Emeric Pressbruger dans une version superbement restaurée. Tourné à Londres dans de fastueux décors reconstitués en studio, le film prend pour théâtre un dispensaire religieux perché sur les hauteurs de l’Himalaya, l’âme des nonnes étant sérieusement perturbée par la virile présence d’un agent de Sa Majesté, et s’avère un régal pour l’œil – somptuosité de la mise en scène, dont la flamboyance est démultipliée par le Technicolor – autant que pour l’esprit – loin des romances à l’eau de rose, le récit déborde d’ironie et de sous-entendus sexuels, mais ne badine pas avec l’amour (c’est une pure tragédie). Du grand art.
« Chronique d'un été » et « Madame l'eau » de Jean Rouch
De leur côté, les Éditions Montparnasse poursuivent leur mission d’utilité publique en ajoutant à leur catalogue – dans la remarquable collection Le geste cinématographique – deux films de Jean Rouch : Chronique d’un été, enquête documentaire réalisée à Paris en 1960 par le cinéaste ethnologue avec le concours d’Edgar Morin, et Madame l’eau (1992), fable picaresque d’une jubilatoire liberté de ton, relatant les tribulations de Damouré, Lam et Tallou – impayable trio déjà croisé dans Jaguar (1967), Petit à petit (1970) et Cocorico, Monsieur Poulet ! (1974) – entre leur Niger natal, qui meurt de soif, et la Hollande, qui baigne dans l’eau. Don Quichotte d’un genre nouveau, ils ne se battent pas contre mais pour les moulins à vent, et le film tout entier, obstinément buissonnier, s’apparente à une joyeuse utopie, dans laquelle rêve et réalité sont constamment unis.
Documents et liens
Liens
- Phares Balises: http://www.phares-balises.fr
- Éditions Montparnasse : http://www.editionsmontparnasse.fr
- Carlotta : http://www.carlottavod.com
En lien direct
Dans la série
Rebonds
|
Projection
Mercredi 17 Juillet 2013
|
Exposition
Mardi 2 Juillet 2013
|
|
Article
Lundi 17 Juin 2013
|
Article
Lundi 17 Juin 2013
|







