Mode : l’évolution sans révolution
Peut-on encore se démarquer ?
comme nos mères dans les années 90.
NÉO VISÉ, RÉTRO VISEUR
Dans les années 90, Ted Polhemus avait dressé dans son ouvrage StreetStyle un panorama des « tribus » de la mode depuis les années 40. Il finissait en voyant dans la fin du siècle l’avènement d’un supermarché des styles où chacun piocherait des accessoires porteurs de sens dans les panoplies de ces tribus. Une re-création savamment construite autour de la juxtaposition, qui témoignait à la fois d’une parfaite maîtrise des codes et d’un sens aigu du détournement.
Le temps béni de l’ironie.
Cette tendance à regarder dans le rétroviseur domine encore aujourd’hui. Chaque « Semaine de la Mode » impose des réinterprétations infinies des époques et styles précédents. Mais, lorsque l’on parvient, dans la même saison, à emprunter inlassablement aux années 70 puis 80 puis 90, on finit vite par tourner en rond et à perdre le sens.
Et tous les « néo » n’y changeront rien.
vu et à voir sur Into The Fashion
Épingler les copier-coller
Alors même que nous nous trouvons dans une époque où la culture de la nouveauté est omniprésente, où une information diffusée deux heures après son annonce est déjà considérée comme #old, où la Génération Y est faite de slashers qui changent de travail entre le matin et le soir ; leurs jeans, eux, ne changent pas.
Et ce depuis plusieurs saisons.
D’ailleurs, c’est le même que celui de leurs parents, que celui d’une it-girl, d’une new-yorkaise ou d’une brésilienne. Une offre globalisée qui a poussé à une société de l’imitation où tout se ressemble, sans distinction sociale, générationnelle ou géographique. Mais si l’imitation est un des ressorts clés de la construction des modes, il n’est pas le seul.

Vahram Muratyan fait se rencontrer
les clichés parisiens et new-yorkais.
Pas de mode sans distinction
Les hipsters, sa frange branchée, pousse même le curseur en les intronisant « icônes du style » dans une série de blogs aux noms évocateurs tels que Dads Are The Original Hipster ou My Parents Were Awesome.
Pas d’opposition générationnelle, ni sociale si l’on considère que l’une des principales sources de consommation de cette même catégorie est... dans la culture populaire.
provenant de Dad is The Orginal Hipster
n’a pas été prise en 2012
grâce à l’application Instagram ?
L’évolution sans révolution
Un joli défi.
En attendant le renouveau, on pourra toujours regarder Footloose, Dirty Dancing ou Point Break version 2012, dans un canapé années 50.
Découvrez le blog NellyRodi sur www.nellyrodilab.com
Rebonds
|
Article
Vendredi 24 Mai 2013
|
Article
Jeudi 23 Mai 2013
|
|
Article
Mercredi 22 Mai 2013
|
Article
Mardi 21 Mai 2013
|





