Première soirée sous le double signe de la virtuosité et de la fantaisie, avec deux figures majeures de la vie musicale de Portland : l’ancien leader des grunge-lo-fi Pavement, Stephen Malkmus, et le vieux troubadour folk Michael Hurley.
Stephen Malkmus JIX Mirror Traffic / Credit Leah Nash
Stephen Malkmus & The Jicks
Leader slacker du groupe Pavement dans les années 1990, Stephen Malkmus a marqué l’indie-rock américain avec ses doigts d’or (il a appris la guitare en reprenant Jimi Hendrix), ses chemises de bucheron (on appelait ça le grunge) et ses mélodies équilibristes (c’est un ancien skateur).
Entre saturation (Nirvana, Sonic Youth) et décontraction (Beck, Beastie Boys), des débuts lo-fi (sur 4 ou 8 pistes) à la fin mainstream (un ultime album produit par Nigel Godrich, le producteur de Radiohead), Pavement fut un joli pavé dans la mare à larsens, par l’apport de mélodies légères et un évident manque de sérieux. Malkmus n’a pas chômé depuis, poursuivant une carrière solo haute en soli de guitares avec ses potes The Jicks, tenant son chant en falsetto et un jeu de manche des plus élégants, à 46 ans bien tassés. Son dernier album, Mirror Traffic, produit par Beck, est le plus pavementé du lot, psychédélique, déconstruit, virtuose. Ça va jammer.
Rebecca Gate/ Photocredit Matt Kim
Rebecca Gate & the Consortium
Rebecca Gates (guitare et chant) et Scott Plouf (batterie) constituèrent le duo pop minimaliste de Portland The Spinanes (Sub Pop) en 1991. Depuis que Plouf est parti rejoindre Built To Spill en 1998, Gates continue une jolie carrière à Portland, posant sa voix mate et douce derrière celles de musiciens amis (Elliott Smith, The Decemberists, Willie Nelson), sortant des albums solo délicatement post-rock, un peu electronica, chaleureusement gorgés de glockenspiel, marimbas et wurlitzer (John McEntire de Tortoise a produit son récent Ruby Series, chez Madman), ou jouant en supergroupe sous le moniker The Consortium, avec des membres de The Jicks, Quasi, Wild Flag, The Decemberists, Loch Lomond…
Rebecca Gates est aussi plasticienne, curatrice d’expositions (de « sonic land art ») et éditrice de l’audiomagazine Sonoset.
Une des plus belles voix du rock américain, et une belle oreille aussi.