Say Watt?

Le culte du sound system

Du mardi au samedi de 14h à 20h. Le dimanche de 14h à 19h.

Cet été la Gaîté lyrique monte le son, mais aussi et surtout "montre" le son, pour mettre en lumière une facette méconnue de l'underground musical, social et artistique : le sound system ! 

Installations, photos, videos, expériences sonores , concerts inédits : l'exposition Say watt? Le culte du sound system offre un voyage à la recherche de la forme originelle de l'expression musicale contemporaine et de ses expressions a travers le monde.

Le sound system, la sono transportable, la discomobile… Les termes diffèrent, la constante reste : c’est la rue qui a inventé cette expression musicale. Des raves party d'Europe aux manifs de Kingston à Belem, de France en Colombie en passant par le Kenya, des énormes lecteurs K7 des rappeurs, le son amplifié des sound systems est le point commun de ces dernières décennies de rassemblements musicaux et populaires.

Et ce qui n’était au départ qu’une discothèque ambulante dans les ghettos jamaïcains ou dans les caves américaines des années 50 a révolutionné la manière d’écouter de la musique. Des cultures radicalement différentes ont depuis adopté cet objet culte, se l’appropriant au travers de nombreux bidouillages.

Le sound system a aussi la particularité d’avoir été, au fil des années et des besoins, un haut-parleur artistique, religieux et politique. Pour la première fois une exposition aborde une composante technologique à la racine de toutes les musiques urbaines contemporaines et qui a participé à l’éclosion de mouvements musicaux majeurs. Mais pas seulement : en s'en appropriant les codes, de nombreux artistes contemporains ont fini, au fil du temps, par eux aussi apporter leur vision de la "sound system culture" en questionnant la colonisation de l’espace public par le son.

Extrait de la série photo «Last Dance in Nottinghill» (crédit: Patrick Gherdoussi)

Le rue-monde du sound system

Où qu’elle pose ses enceintes, la sound system culture est toujours un phénomène à la marge, mal connu, méconnu, puisant ses origines dans un besoin de la rue. Cette introduction de l’exposition est une approche à pas de loup visuelle, sonore et « philosophique » de ce qu’est cette mystérieuse culture underground. Du totem de façade Sound Garden de Tal Isaac Hadad au montage d’images par les collectionneurs obsessifs de photos sur Facebook, la déambulation permettra de découvrir sept illustrations en photo d’appropriations du sound system à travers le monde grâce à un diaporama géant, d’appréhender à distance ce qu’entendent les murs du club berlinois Berghain avec le Soundwalk Collective, mais aussi de découvrir une communication visuelle fourmillante et unique via les posters dancehall ultra-culte du Jamaïcain Denzil « Sassa » Naar et les flyers du pionnier rap old school Buddy Esquire.

Avec : Denzil « Sassa » Naar (flyers), Buddy Esquire (posters), Tal Isaac Hadad (installation-sculpture Sound Garden), Soundwalk Coll ective (installation sonore), Alex Smailes (photos), Wilfrid Estève (photos), Katie Callan (photos), Mirjam Wirz (photos), Vincent Rosenblatt (photos), Patrick Gherdoussi (photos)

Extrait de la série «Rub a Dub Style» (crédit: Beth Lesser)

From roots to culture

Say Watt ? rend dans cette seconde étape du parcours un hommage appuyé à La Jamaïque qui sut faire de ses tchatcheurs sur sonos locales d’authentiques icônes de la street culture, sublimés par les photos de Beth Lesser, une Canadienne aventureuse qui partit documenter la bouillonnante scène dans les bas-fonds de Kingston au début des années 80. Dans le même temps, un autre artiste ne le savait pas encore, mais il deviendrait culte des décennies plus tard pour les illustrations, roublardes et hilarantes, dont il para à l’époque des dizaines d’albums, de posters, de livres. Son nom ? Limonious. Wilfred Limonious, décédé en 1999, mais qui voit se dessiner ici à titre posthume la première rétrospective digne de sa prolifique production.

Avec : Beth Lesser (photos rub-a-dub style), Limonious (pochette de disques et memorabilia), Lick It Back (Installation sound system vintage King Tubby’s Hometown Hi Fi).

 

 

Photomontage série photo «The Boombox Project», 2010 (crédit: Lyle Owerko)

Radio Raheem

Nommé d’après le personnage du film de Spike Lee Do The Right Thing, qui ne saurait se déplacer sans son poste de radio géant, cette troisième séquence de l’exposition transporte logiquement l’épopée dans le Bronx, figurativement et très littéralement, puisque celui que l’Histoire a retenu comme le premier rappeur, Kool Herc, est un... Jamaïcain émigré à New York ! Au menu, le culte autour des boomboxes chers à Raheem donc, photographiés avec les égards de reliques par Lyle Owerko, l’hommage aux block-parties, ces fêtes de rues qui virent naître le mouvement hip hop, par le sculpteur JYB, mais aussi ce qu’il reste aujourd’hui de la première maison du rap, à l’adresse 1520 Sedgwick, par le photographe John Short…

Avec : Lyle Owerko (Photos - The Boombox Project), John Short (Photos –Home of Hip Hop), JYB (Sculptures – The merry Go Round).

Installation "Ikea Sound System" de David Renault, 2012
(crédit photo : Mathieu Tremblin)

Folk it, do ti yourself

C’était prévisible : tellement cool, tellement façonnable, tellement reprenable à son propre compte, l’imagerie dancehall ou hip hop des débuts a fini par faire le tour du monde, inspirant par sa nature même, au passage, de nombreux artistes tenants du Do It Yourself, désireux de payer un hommage façon folk art à ce qui est depuis devenu une culture à part entière.

Le vélo suréquipé d’enceintes Tchic Boum Boum made in Toulouse en est un exemple éloquent. Tout comme le sont le sound system en carton des mexicains fauchés de Dub Iration qui, faute de pouvoir se payer le véritable équipement, le reproduisent en trompe l’oeil pour se donner le frisson d’être au Carnaval de Nottinghill, ou le Ikea sound system de David Renault, dénonciateur du prêt-à-consommer - mais bien décidé à l’embellir !

Avec : La Boîte à Outils (Installation - Tchic Boum Boum), Dub Iration (Installation – Dub Iration), David Renault (Installation - Ikea sound system).

 

Installation «Squeeeque» d'Alexis O'hara
(crédit photo : conception-photo.com)

Expériences, expérimentations

Place aux expérimentations. Très directes, comme dans la Petite Salle insonorisée où l’on diffuse des Watts à pleins amplis, très ludiques, à l’image de l’igloo sonique de la Canadienne Alexis O’Hara, parfois teintées d’un propos inquiétant ou plus politique. Comme un sas, les vidéos de mise en vibrations de structures métalliques par Art Of Failure préviennent que parfois, l’expérience peut échapper à notre contrôle, pour devenir une arme quasi-militaire (radar sonique de Mark Bain), voire un moyen de coercition, tout court, comme le montre le film de Yeter Akyaz et Juliette Volcler, produit spécialement pour Say Watt ? autour du livre de cette dernière, Le Son Comme Arme.

Avec : Mark Bain (Installation - Sonic Radars), Juliette Volcler et Yeter Akyaz (vidéo/animation), Art Of Failure (Vidéo-Architecture résonante),  Alexis O’Hara (Installation – Squeeeque)

 

Expositions

Johan Papaconstantino

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Les Inrocks Festival 2018

En plus de son concert, Johan Papaconstantino - passionné par l’esthétique minimale et les conceptions numériques - présente "Capsul 018", une installation qui tente de dévoiler le richesse de ses inspirations.

  • Du 21 au 25 novembre 2018
The Glass Room Experience

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Persona Non Data

Cette exposition révèle ce qui se joue derrière nos écrans en donnant à voir les acteurs et les mécanismes à l'oeuvre dans le web 3.0 : cartographie de la maison-mère de Google, plan de la demeure de Mark Zuckerberg, Data Detox Kit...

  • Du vendredi 30 novembre 2018 au dimanche 10 février 2019
Soirée de lancement : Persona Non Data

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Ouverture du festival Persona Non Data, un week-end d'explorations créatives et critiques autour des données personnelles avec des ateliers pratiques, des rencontres, des performances et une exposition de ressources.

  • vendredi 30 novembre 2018 à 18h00