la suprise du chef une performance autour du Çiğköfte
Une danseuse du ventre (Bahar Sarah, qu'on a pu découvrir aux côtés de Baba Zula) et une performance culinaire étonnante autour du Çiğköfte, une boulette de viande crue très populaire en Turquie, sublimé pour l'occasion par les chefs Dilara Erbay et Ahmet Bugdayci.
En leurs propres termes :
Avant toute chose, le Çiğköfte c'est la résultante d'un réel travail musculaire et du labeur humain. Le Çiğköfte est d'abord malaxé pendant plusieurs dizaines de minutes, pour bien mélanger la viande crue et le boulghour. Le Çiğköfte se prépare donc lentement, dans la douleur et à la sueur du front de celui qui le cuisine. C'est pourquoi le Çiğköfte est un plat aux antipodes du fastfood préparé/consommé en deux temps trois mouvements. Le Çiğköfte, c'est aussi les épices. La sueur de celui qui le cuisine, comme distillée au contact des épices et des ingrédients, se transforme en plaisir brûlant dans la bouche de celui qui le déguste.
En goûtant le Çiğköfte, on se brûle un peu la langue mais on y revient tout de même, car c'est cette brûlure qui provoque le plaisir, plaisir qui commande au goûteur d'en manger encore un peu plus. La douleur déclenche le plaisir. Tout comme l'amour. Sans l'effort, sans le pétrissage, sans la douleur, impossible d'accéder à l'amour et au plaisir. Car on ne peut atteindre l'extase avec un amant que dans la douleur, le sang, la sueur et les larmes. Tout comme avec le Çiğköfte...