Connaître la Gaîté

L'histoire

Créée en 1862, la Gaîté Lyrique possède l'un des passés les plus prestigieux de l'histoire des théâtres parisiens. Des opérettes de Jacques Offenbach en passant par les ballets russes, l'Orchestre de Paris, Alexis Gruss, Silvia Montfort ou Robert Wilson, c'est tout un pan de l’histoire du spectacle à Paris qui ressurgit dans les mémoires lorsqu'on évoque le nom de la Gaîté Lyrique.


Les débuts

En 1862, à l'occasion des travaux réalisés par le baron Haussmann, un théâtre parisien situé boulevard du Temple est déplacé au 3 bis rue Papin : il s'agit du Théâtre de la Gaîté Lyrique. Bientôt, avec sa nouvelle salle de 1 800 places richement décorée, son vestibule majestueux et son grand foyer public, le théâtre devient l'un des joyaux de la scène culturelle parisienne.

Au cours des 140 années suivantes vont se succéder les directeurs – dont Jacques Offenbach –, les appellations (Théâtre de la Gaîté, Théâtre Lyrique, Opéra Populaire, Opéra Municipal de la Gaîté...), mais surtout les programmations qui, bien qu'exigeantes, sont toujours restées populaires.

Peu d'autres lieux parisiens peuvent se vanter d'une histoire aussi tumultueuse : enregistrant parmi les plus fortes recettes de tous les théâtres de la capitale pendant la Commune de Paris, célébrant le soixante-dixième anniversaire de Victor Hugo, abritant des ballets russes de passage à Paris dans les années 1920... il fut pillé pendant l'Occupation qui vit la disparition du grand lustre installé par Offenbach et du carrosse d'or de l'Empereur entreposé dans les communs, dix fois perdu, vingt fois repris...

Les passagers contemporains

Dans les années 1970, le lieu accueillit de grands succès du théâtre tels que La Dispute de Marivaux, mise en scène par Patrice Chéreau, ou Le Regard du Sourd par Bob Wilson. On vit même ensuite s'y installer une école de cirque, sous la direction de Silvia Montfort, et un chapiteau dans le square Chautemps !

Au début des années 1980, le dôme magistral de la salle menaçant de s'effondrer, on dut se résoudre à bétonner une partie de la grande salle. Elle fut bientôt détruite dans le cadre du projet de parc d'attraction Planète Magique, imaginé par le créateur de dessins animés Jean Chalopin. Les difficultés techniques eurent raison de ce parc qui n'ouvrit que quelques semaines en 1989.

La renaissance

Depuis, la Gaîté Lyrique était en sommeil, la poussière recouvrant peu à peu ce lieu central de la vie culturelle parisienne. Jusqu'à ce qu'en 2002, la Mairie de Paris décide d'y implanter un nouvel établissement culturel destiné aux cultures numériques et aux musiques actuelles.

Une équipe menée par Pierre Bongiovanni s'y installe alors et y mène, d'octobre 2002 à avril 2004, une politique d'animation du lieu dans le bâtiment comme hors-les-murs. Pendant la première Nuit Blanche, la Gaîté Lyrique est même investie par un géant grâce à une installation de vidéoprojecteurs de l'artiste Samuel Rousseau.

Parallèlement, en décembre 2003, le cabinet Manuelle Gautrand Architectes se voit attribuer la maîtrise d'ouvrage suite à l'appel à candidature organisé par la Mairie de Paris. Le projet, tout en étant innovant, respecte les parties historiques du bâtiment (la façade, l’entrée et le foyer qui sont restaurés) et entend proposer un bâtiment dont les équipements constituent une véritable "boîte à outils" modulable, au service des artistes.

Aujourd'hui

La Gaîté Lyrique telle qu’elle existe aujourd’hui a ouvert ses portes en mars 2011. Depuis cette réouverture, de très nombreux projets font l’histoire contemporaine de la Gaîté Lyrique :

  • Capitaine futur, le programme art-orienté-enfants, a étonné petits et grands à travers ses expositions et ses spectacles ;
  • le groupe Phoenix y a enregistré son dernier album "Ti amo" et y a organisé cinq soirées exceptionnelles ;
  • les villes invitées de Johannesburg, Istanbul, Portland, Tanger et Berlin y ont fait rayonner leurs artistes ;
  • les festivals Loud & Proud et F.AM.E. y sont nés ;
  • l’artiste Thom Yorke de Radiohead y donna un concert intimiste ;
  • l’exposition "Happy Show" de Stefan Sagmeister enthousiasma ses visiteurs ;
  • les groupes Suicide et The Fall y donnèrent leurs derniers concerts parisiens ;
  • ARTE et Les Inrocks sont venus y organiser leur festival ;
  • et on y croisa des créatures numériques, des fantômes, Christine & the Queens, des skateurs, des performeurs, des queers, des bidouilleurs, des chercheurs et un public toujours curieux et avide de découvertes.